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Remember Cheikh Anta Diop, chantre de la renaissance culturelle africaine

Remember Cheikh Anta Diop, chantre de la renaissance culturelle africaine

Il y a 97 ans, le 29 décembre, naissait Cheikh Anta Diop. En l’occasion de la naissance de celui dont les travaux ont permis à des générations entières de renouer avec leur histoire, retour sur quelques points forts de la vie de Cheikh Anta Diop.

Chercheur, scientifique, historien, anthropologue, et homme politique, Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 au Sénégal. Jusqu’à sa mort le 7 février 1986 à Dakar, Cheikh Anta Diop n’aura ménagé aucun effort pour mettre en lumière l’immense apport de l’Afrique noire à la civilisation humaine.

Dans un contexte où la pensée coloniale était légion, et où toute étude sur l’Egypte était la chasse gardée du monde occidental, Cheikh Anta Diop est venu bouleverser la donne. Il ne l’a pas fait par un simple discours, mais a mis sur pieds un laboratoire de recherche. Souvent incompris par ses contemporains, farouchement combattus par ses adversaires, Cheikh Anta Diop n’a pas dévié de sa mission, comptant sur un atout imparable : la vérité des faits. Ainsi, grâce à ses travaux, aucun des égyptologues déniant le caractère intrinsèquement « nègre » des Anciens Egyptiens, n’a pu le contredire sur le terrain scientifique. Par M.Z.

Cheikh Anta Diop en quelques dates-clés

Source : Cheihkantadiop.net*

Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 dans le village de Caytou situé dans la région de Diourbel (en pays Baol-Cayor), près de la ville de Bambey à environ 150 km de Dakar, au Sénégal. Son père, (le Jeune) Massamba Sassoum Diop est décédé peu de temps après sa naissance. Sa mère, Magatte Diop, vécut jusqu’en 1984.

Cheikh Anta Diop épousera en 1953, à Paris, une Française, Louise Marie Maes, diplômée d’Études supérieures en Histoire et Géographie. Quatre fils naîtront de cette union. Cheikh Anta Diop décède le 7 février 1986 ; il repose, selon sa volonté, à Caytou, auprès de son grand-père (le Grand) Massamba Sassoum Diop, fondateur du village.

1927 – 1937 : A l’âge de quatre-cinq ans il est envoyé à l’école coranique. Il est ensuite scolarisé à l’école française : l’École Régionale de Diourbel. En 1937, il obtient son certificat d’études primaires.

1938 – 1945 : Études secondaires à Dakar et Saint-Louis. Il obtient, en 1945, ses baccalauréats (“brevet de capacité colonial correspondant au baccalauréat”) en mathématiques et en philosophie.

Durant ces années passées au lycée, Cheikh Anta Diop élabore un alphabet conçu pour transcrire toute langue africaine

(Il) entreprend également la rédaction d’une histoire du Sénégal. Dans cette même période apparaissent ses premières réflexions qui plus tard déboucheront sur son projet de renaissance culturelle et d’indépendance politique de l’Afrique noire. Il se destine néanmoins à un métier scientifique appréhendé comme un devoir de découverte et d’invention vis-à-vis de l’humanité.

1946 : Arrivée à Paris au cours de l’année 1946. Il s’inscrit en classe de Mathématiques Supérieures, son but étant de devenir ingénieur en aéronautique. En attente de la rentrée de l’année 1946-1947, il s’inscrit en Faculté des Lettres de la Sorbonne en philosophie. Il suit, en particulier, l’enseignement de Gaston Bachelard.

Association des Étudiants Africains de Paris

A l’initiative (de Cheikh Anta Diop) est créée l’Association des Étudiants Africains de Paris dont le premier président est Cheikh Fall. Amadou Mahtar M’Bow en deviendra quelques années plus tard le président.

1947 : Cheikh Anta Diop poursuit, parallèlement à ses études, ses recherches linguistiques sur le wolof et le sérère, langues parlées au Sénégal. Il entre en relation avec Henri Lhote (le découvreur des fresques du Tassili, au Sahara).

1949 : Il fait inscrire sur les registres de la Sorbonne le sujet de thèse de doctorat ès-Lettres qu’il se propose de traiter, sous la direction du professeur Gaston Bachelard, et qui s’intitule “L’avenir culturel de la pensée africaine“.

1950 : Il obtient les deux certificats de chimie : chimie générale et chimie appliquée.

Il prend la décision d’intégrer en juillet 1950 le RDA (Rassemblement Démocratique Africain) alors dirigé par Félix Houphouët-Boigny, tout en rappelant fermement à la direction du RDA son devoir de ne pas faillir à sa mission historique : celle d’une véritable libération du continent africain.

1951 : Inscription sur les registres de la faculté de son sujet de thèse secondaire “Qu’étaient les Égyptiens prédynastiques“, sous la direction du professeur Marcel Griaule.

Il devient le secrétaire général de l’Association des Étudiants du RDA (AERDA), à Paris.

Nations nègres et Culture

1954 : Nations nègres et Culture — De l’antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui paraît aux Éditions Présence Africaine. Ce livre est en fait le texte des thèses principale et secondaire destinées à être soutenues en Sorbonne en vue de l’obtention du doctorat d’État ès Lettres ; mais aucun jury ne put être formé.

A propos de cette œuvre maîtresse de Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire écrit : “… Nations nègres et Culture — [livre] le plus audacieux qu’un Nègre ait jusqu’ici écrit et qui comptera à n’en pas douter dans le réveil de l’Afrique” (Discours sur le Colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955).

1960 : Le 9 janvier 1960, il soutient, à la Sorbonne, sa thèse de doctorat d’État en lettres. Elle est publiée aux Éditions Présence Africaine sous les titres : L’Afrique noire précoloniale et L’Unité culturelle de l’Afrique noire.

La même année, sort la première édition du livre Les fondements culturels, techniques et industriels d’un futur État fédéral d’Afrique noire.

Retour définitif au Sénégal en 1960

1961 : Cheikh Anta Diop entreprend de créer un laboratoire de datation par le Carbone 14 (radiocarbone) au sein de l’IFAN de Dakar alors dirigé par le professeur Théodore Monod.

Activité politique : Cheikh Anta Diop crée, au Sénégal, un parti politique (le Bloc des Masses Sénégalaises, BMS) d’opposition au régime en place dirigé par le Président Léopold Sédar Senghor et le Premier ministre Mamadou Dia. Il en est le Secrétaire général.

1962 : Il dirige la construction des locaux du laboratoire de datation.

En raison de son activité politique il est emprisonné de mi-juillet à mi-août 1962 à la prison de la ville de Diourbel. Un non-lieu sera finalement prononcé.

1963 : Achèvement de la construction du laboratoire et début de l’équipement des différentes salles du laboratoire.

Cheikh Anta Diop refuse les postes ministériels qui sont proposés par Léopold Sédar Senghor au BMS. Une telle acceptation aurait signifié un renoncement au programme du BMS.

Dissolution du BMS, en octobre 1963, par le gouvernement sénégalais. Cheikh Anta Diop crée aussitôt un autre parti qui sera à son tour dissous l’année suivante.

1973 : Le premier livre de Théophile Obenga, L’Afrique dans l’Antiquité — Égypte pharaonique/Afrique noire sort aux Éditions Présence Africaine

Cheikh Anta Diop en a rédigé la préface.

1974 : Parution du livre Physique nucléaire et chronologie absolue. Il s’agit d’un ouvrage de synthèse, décrivant les diverses méthodes de datation d’échantillons archéologiques et géologiques, en particulier celles du radiocarbone mises en œuvre dans le laboratoire de Dakar.

C’est dans le cadre de la rédaction de l’Histoire générale de l’Afrique, qu’à son initiative, se tient au Caire, du 28 janvier au 3 février 1974, un colloque international sur Le peuplement de l’Égypte ancienne et sur le déchiffrement de l’écriture méroïtique, qui réunissait des égyptologues du monde entier, parmi les plus éminents

1980 : Il prépare le premier congrès de l’Association des Chercheurs du Monde noir dont il est le président.

1981 : Il est nommé professeur d’histoire associé à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Dakar. Vingt-sept ans après la parution de Nations nègres et Culture, vingt et un ans après son doctorat d’État, l’Université de Dakar s’ouvre enfin à son enseignement de l’histoire. Il y enseignera en maîtrise, en DEA et dirigera des thèses jusqu’à sa disparition en 1986.

Parution du livre Civilisation ou Barbarie — Anthropologie sans complaisance

(Paru à Présence Africaine), ce livre, dédié à la mémoire du grand homme de culture, Alioune Diop, lui vaudra une distinction : le Grand Prix Scientifique de l’Institut Culturel Africain (ICA).

Du 6 au 9 janvier 1986, à Yaoundé, il préside le Colloque sur l’Archéologie camerounaise. Il donne, le 8 janvier, dans le Palais des Congrès de la capitale camerounaise, sa dernière conférence : “La Nubie, l’Égypte et l’Afrique noire“.

Cheikh Anta DIOP décède le 7 février 1986, à son domicile de Fann, quartier situé non loin de l’Université de Dakar qui aujourd’hui porte son nom. – Source : Cheikhantadiop.net

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