Ongola : que deviennent les autochtones Kolo Beti ?
Au cœur du Cameroun, Ongola – nom Beti de l’actuelle Yaoundé – s’est imposée comme capitale politique et carrefour culturel. Pourtant, sous l’asphalte et les immeubles, se trouvent les terres ancestrales d’un peuple : les Kolo Beti, composante du grand groupe Beti Be Nnanga (Ekang). Qui étaient-ils ? Et quelle place leur reste-t-il aujourd’hui ?

Héritage des Kolo Beti
Les Kolo Beti regroupent plusieurs familles : Ewondo, Tsinga, Bene, ainsi que des lignées Eton (Etudi).
Au centre de Yaoundé, les Ewondo sont historiquement les plus représentés, organisés en grandes familles appelées Mvog :
- Mvog Ebanda
- Mvog Ekoussou
- Mvog Essomba Naa Baana
- Mvog Abe Naa Baana
Ces “Mvog principaux” se subdivisent encore en lignées telles que Mvog Fouda, Mvog Atangana Mballa ou Mvog Tsoung Mballa.
Au cœur de cette organisation, une constante : le rôle central de la femme. Les noms de lignées se transmettaient par la mère, preuve de son importance dans la société Fang-Beti.
Les mères, véritables piliers des lignées Beti
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Entre mémoire et effacement
Comme beaucoup de capitales africaines, Yaoundé s’est développée sur les terres de ses autochtones. L’urbanisation rapide, les expropriations coloniales, puis la modernisation post-indépendances, ont fragilisé ces familles.
Aujourd’hui, les Kolo Beti font face à des défis majeurs :
- Litiges fonciers récurrents.
- Familles éclatées et jeunesse sans repères territoriaux.
- Risque de marginalisation dans leur propre ville.
Cette situation, loin d’être propre au Cameroun, reflète celle de nombreuses populations autochtones africaines, de Douala à Bamako, d’Abidjan à Addis-Abeba.
La culture comme antidote
Face à l’oubli, certains artistes et intellectuels s’engagent. L’exemple de Cécile Eke, chanteuse et conteuse, illustre cette résistance culturelle. À travers ses chansons en langue Kolo Beti (souvent réduite aujourd’hui à “Ewondo”), elle ravive la mémoire d’Ongola et transmet aux générations futures l’âme de son peuple.
Et demain ?
Alors que le Cameroun a ratifié des traités internationaux pour la protection des peuples autochtones, la question demeure : quelle place réelle sera accordée aux Kolo Beti dans le futur de Yaoundé ?
Préserver leur culture, c’est aussi préserver la mémoire collective de la capitale. Une des clés : la langue.
C’est pourquoi nous avons créé le programme Ewondo facile, pour initier chacun à cette langue et contribuer à la transmission vivante de cet héritage.

