On écoute – « Azombo », une chanson Bikutsi de l’artiste camerounaise Armelle Diamant. Bon à savoir, l le Bikutsi est un des principaux rythmes contemporains des Beti du Cameroun
Le Bikutsi, un rythme confronté au défi de garder son âme ou se conformer aux modes actuels
Le Bikutsi actuel suscite un accueil mitigé chez les puristes. Ces derniers déplorent une certaine dérive vers l’hypersexualisation. D’autres dénoncent des chansons désormais creuses, vides de ce sens qui faisait la force du Bikutsi. Pour ces mélomanes, l’ancien Bikutsi tirait sa puissance par la force de ses paroles, qui poussaient à la réflexion.
Toutefois, malgré une dilution du rythme et une standardisation qui lui a fait perdre en qualité, le Bikutsi est toujours là. Il arrive encore que le rythme voit émerger quelques bijoux artistiques tant côté musique, que sur le volet paroles. C’est le cas du morceau « Azombo » de la chanteuse Armelle Diamant.

« Azombo », un mot riche de sens
La chanson « Azombo » parle d’endurance, de capacité à encaisser les coups durs pour les transcender.
Le mot "Azombo" vient du verbe Beti "A zombo" : savoir supporter.
Dans la chanson d’Armelle Diamant, la résilience s’arrête à un seul de ses aspects : jusqu’où peut-on aller pour son couple. En effet, le clip-vidéo d’Azombo tend à suggérer qu’en tant que femme, on devrait tout supporter. On y voit ainsi un homme qui manque ouvertement de respect à sa femme, celle-ci n’ayant comme réponse qu’un « Ma yëne zombo« , « Je dois supporter« .
Or, le sens général de la chanson va largement au-delà de ce message (assez maladroit à notre avis). Azombo n’est pas une invite à mettre de côté sa dignité où le respect qu’on mérite. Azombo, c’est une histoire de résilience dans son sens le plus constructif. ©Dzaleu.com
