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Franc CFA : A qui profite la dernière monnaie coloniale au monde?

Franc CFA : A qui profite la dernière monnaie coloniale au monde?

Franc CFA, « monnaie de singe », « monnaie nazie », « dernière monnaie coloniale au monde », etc.

Les noms sont nombreux pour désigner ce qui symbolise le pillage économique de Afrique francophone, et explique en grande partie le regain des dynamiques au Sahel et en Afrique centrale pour en découdre avec la mainmise occidentale sur ce continent. Officiellement sous couvert de lutte contre l’insécurité ou d’une aide au développement qui n’en n’est pas une.

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Exemple : le franc CFA

Fabriqué en France (Chamalières, Puy-de-Dôme, victime d’ailleurs d’un incendie mercredi 9 février 2022), depuis sa création en 1945, il dispose d’un compte d’opérations spéciales géré par le trésor public français (oui, vous avez bien lu). Et cela est possible suite à des accords secrets signés souvent en l’absence d’Africains, ou dont les modalités sont toujours inconnus des peuples de ces pays, à la veille des indépendances factices des années 1960.

Historique. Le franc CFA est né le 26 décembre 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods et procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire internationale (FMI). Il signifie alors « franc des Colonies Françaises d’Afrique ». Il prendra par la suite la dénomination de « franc de la Communauté Financière Africaine » pour les Etats membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), et « franc de la Coopération Financière en Afrique Centrale » pour les pays membres de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC). Source

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AUDIO-VIDEO – Le franc CFA, un système d’appauvrissement structurel et scientifique de l’Afrique

Une hérésie nommée « CFA »

Utilisé par 14 pays, le Franc CFA repose sur un mécanisme vicié qui ressemble dans ses effets, à un outil de contrôle qui n’a d’égal que celui mis en place sous l’occupation nazie. Parmi les points essentiels qui sont signes de souveraineté d’un pays, figure la monnaie, et donc la politique monétaire. Aucun des 14 pays francophones d’Afrique n’est monétairement souverain, et il aura fallu toute la pugnacité des Panafricanistes, pour porter ce sujet sur le devant de l’opinion publique. A force de sensibilisation et d’explications, la question du franc CFA, jusque-là tabou, a envahi la sphère publique, tout comme l’étape suivante : en finir avec cet ultime levier d’un impérialisme que la jeunesse africaine n’entend plus tolérer.

Avec le franc CFA, véritable machine de fuite de devises et d’appauvrissement des pays africains francophones au profit de la France et ses alliés de l’Union européenne sans oublier les multinationales à qui le système profite doublement, le vice est poussé au maximum, le CFA de l’Afrique de l’Ouest n’étant pas utilisable en Afrique centrale. Et surtout, cette monnaie de singe n’est pas utilisable hors de ces zones.

Pour faire court, selon des spécialistes, le système du CFA rapporte à la France 500 milliards d’Euros par an, soit 1/5 de son budget. (Oui, vous avez bien lu).

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Et pour ceux qui se demanderait pourquoi un tel état de fait…

Posez-vous la question : pourquoi l’Occident dispose de tant de bases dites militaires en Afrique ? Pensez-vous vraiment, au vu de son rapport historique à ce continent, que cela soit motivé par un altruisme humanitaire ?

Face à des velléités impérialistes et deshumanisantes qui ont juste muté, l’Afrique s’est toujours battue. La question monétaire n’a pas échappé à cette dynamique de lutte. D’ailleurs, tous les leaders nationalistes africains assassinés, l’ont été pour avoir voulu remettre en cause le pillage organisé des ressources de leurs pays. Sankara, qui en quatre ans seulement, de 1983 a 1987, révolutionna la société et l’économie du Burkina Faso, Lumumba, Sylvanus Olympio…

A ECOUTER : Le Pr AGBOHOU – Spécialiste des questions financières, il alerte et informe sur le franc CFA depuis plus de vingt ans. Pour lui, l’unique solution est une monnaie unique africaine, une décision d’abord politique, et il y a urgence.

Kadhafi, celui qui voulut créer un fonds monétaire africain

Le siège avait déjà été choisi, Yaoundé. Un projet pour lequel l’un des plus grands stratèges politiques avait donné son accord, Paul Biya, président du Cameroun. Traité de « dictateur » par une presse occidentale aux ordres, il a traversé toutes les tempêtes, professionnalisant son armée, diversifiant avec un doigté inégalité les partenariats pour sortir de l’étau français.

Le résultat, alors que le terrorisme savamment construit en était encore aux balbutiements avec les « coupeurs de route » brigands de grands chemins, l’armée camerounaise se formera en profondeur, au point où, lorsque viendra la chute planifiée de la Libye et le déversement terroriste, ce pays défendra son territoire sans compter sur une assistance militaire qui devient objet de marchandage. Exemple avec le conflit de Bakassi à la frontière avec le Nigeria. Le Cameroun, lié par un accord militaire à la France à cette époque, vit pourtant celle-ci décliner toute aide, une habitude lorsque les intérêts de la France sont menacés.

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Revenons à la question du franc CFA

De Yaoundé à Bamako, de Dakar à Cotonou, de Lomé à Bangui, l’appel à rompre avec cet ultime vestige d’une relation toxique avec Paris et ses pairs de l’UE, n’a jamais été aussi forte au sein de l’opinion panafricaniste. Rompre avec le CFA oui, mais pas pour tomber sans un clone de cette monnaie de singe, comme l’eco version Alassane Ouattara, défendu par Paris.

L’Afrique, notamment francophone, entend se doter de sa propre monnaie, de sa propre initiative. Cet cet élément est important pour comprendre les dynamiques en cours au Mali, Burkina Faso, RCA. Il ne s’agit pas seulement d’exiger le départ des bases militaires françaises et occidentales. Mais aussi de mettre fin à un pillage systématique des ressources africaines. Alors que dans le même temps, les diasporas de ces pays sont ostracisées en Occident. Il s’agit pour l’Afrique, de se choisir ses propres partenaires, dans une relation gagnant-gagnant. Et dans cette perspective, l’Europe, la France en tête, et dans une moindre mesure les États-Unis, se sont historiquement auto-disqualifiés pour la jeunesse africaine éveillée. ©Dzaleu.com

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