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Médias et image de soi

Zozibini Tunzi, Miss Universe 2019 en foulard africain

Médias et image de soi

Porter une perruque pour gagner un concours de beauté. C’est ce qu’on avait conseillé à Zozibini Tunzi, Miss Univers 2019. Le 8 décembre 2019, le monde découvrait le nom de la gagnante de l’un des plus grands concours de beauté au monde : Miss Univers. La Sud-africaine Zozibini Tunzi, 26 ans, était alors élue plus belle femme parmi plus d’une centaine de participantes venues de toute la planète.  

Première femme à remporter le concours en portant ses cheveux crépus, Zozibini Tunzi avait suscité un quasi standing ovation à Atlanta en s’exprimant clairement sur son physique. Durant toute son année de règne, Depuis, Miss Univers 2019 restera fidèle à son discours, ne manquant pas une occasion de saluer sa coupe afro. Une façon pour elle d’inviter toute femme à magnifier ce qu’elle est, sans se sentir obligée de suivre les diktats de la beauté.  

Or, pour certains de ses amis, porter un tissage ou une perruque allait bénéficier à Miss Univers. Zozibini Tunzi n’avait pas hésité ni nourri une quelconque inquiétude à se présenter à Miss Univers avec ses cheveux naturels et pourtant, des gens lui avaient conseillé de porter une perruque pour augmenter ses chances de gagner.

C’est ce que la jeune femme avait confié à Insider* dans une longue interview. Dans celle-ci, Miss Afrique du Sud/Miss Univers 2019 avouait que de nombreuses personnes, dont des amis proches, lui conseillaient de porter une perruque ou alors un tissage. « Et c’était tellement étrange parce que même beaucoup de gens que je connaissais, des gens qui étaient mes amis, me disaient : ‘Sis, nous t’aimons, mais nous disons simplement, peut-être que tu devrais mettre une perruque ou acheter un tissage' »
(Zozibini Tunzi)  

Naturelle depuis trois ans, Zozibini Tunzi a préféré garder sa petite coupe afro  

Zozibini Tunzi, Miss Universe, parle de beauté et image de soi

Pour elle, rester elle-même allait au-delà du sujet des cheveux, et incluait de pouvoir et savoir s’accepter. « Il s’agit de vous accepter pour qui vous êtes et à quel point vous êtes différent. J’espère que cela inspirera les femmes à être elles-mêmes, elles-mêmes. » Zozibini Tunzi ne voulait pas se changer juste pour le concours, et a décliné les conseils de ses amis. « Je me disais: ‘Non, tu sais quoi, je vais le faire comme je suis, parce que je suis avec mes cheveux naturels depuis trois ans. Je ne vois pas pourquoi je devrais le changer juste parce que je monte sur une autre plateforme. »

Pour Miss Univers, une telle pression est la conséquence d’un conditionnement de la société  

Pour Zozibini Tunzi, les suggestions de ses amis pour la pousser à porter une perruque ne l’ont jamais blessé. Son explication : ses amis ne faisaient que se conformer à un conditionnement reçu et dont ils n’avaient pas conscience. Toutes les personnes qui pensaient qu’elle ne pouvait pas gagner avec ses cheveux crépus, ne faisaient que répéter ce que « la société nous a appris et gravé dans nos esprits depuis si longtemps ». « Dans le passé, je pense que la beauté a été stéréotypée pour ressembler à une certaine façon. Lorsque vous ouvrez un magazine, c’est ce que vous voyez. Lorsque vous ouvrez la télévision, c’est ce que vous voyez. Et il s’intègre à la société et à nous-mêmes. »

Médias et image de soi

La réponse plus haut de Zozibini Tunzi interroge en filigrane le rôle des médias dans l’intériorisation d’un regard faussé sur soi. En effet, acteurs de poids de notre monde moderne, les médias façonnent notre réalité. Ils construisent le regard qu’on a sur les choses et sur nous-mêmes.

A travers leur rhétorique, leurs contenus tels que clips, fictions et notamment la pub, magazines, journaux et télévision donnent le rythme en matière de tendances. Que cela soit fait ouvertement ou de façon plus nuancé, les médias disent ce qui est acceptable, vieux jeu, à bannir, etc. De quoi voir des voix s’élever pour les interpeller sur la hausse des frustrations féminines en ce qui concerne la beauté physique.

Et dans ce jeu trouble, médias et annonceurs (marques) se retrouvent à la une, pointés du doigt comme responsables du regard biaisé que la femme peut avoir sur elle. Dès lors, pour être vue comme socialement belle, il faut souscrire à tel ou tel canon, adopter telle mode, au risque de virer dans des comportements extrêmes tant pour l’estime de soi, que sa santé. Parmi les plus connus en Afrique, le blanchiment de peau, ou comme ici, le regard fortement dévalorisant qu’a le cheveu crépu.

Être belle en étant soi, non pas en voulant à tout prix correspondre à ce que la société érige en standards de beauté  

Sans considérer que toute femme doive nécessairement retourner au naturel, Zozibini Tunzi avait préféré être un exemple du fait que la beauté véritable vient d’abord de soi. Elle ne vient pas de l’image que la société attend d’une femme. Pour elle, si on se trouve plus belle avec une perruque violette, tant mieux. Mais se sentir obligée de mettre une perruque pour se voir belle, là est le souci. « Je dis que la beauté ne ressemble pas à une certaine façon. Je dis aux femmes, vous pouvez aussi être belles si vous le souhaitez. Vous pouvez vous lever et dire : ‘Je suis belle comme je suis, avec la forme que je suis, avec la couleur de peau que j’ai, avec les taches de rousseur que j’ai. » « En restant moi-même authentiquement et en disant ma vérité et en y croyant tout le temps, j’espère que cela aidera aussi quelqu’un à défendre la leur. » (Zozibini Tunzi)

Cette vision, je la partage, et elle guide d’ailleurs la ligne éditoriale de Dzaleu.com en matière de beauté. ©Minsilizanga.com  

*Source citations : Insider.com/ Traduit par M.Z & A.B.

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