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Musées – « Appropriation culturelle / Oeuvres spoliées » à l’Afrique

Musées – « Appropriation culturelle / Oeuvres spoliées » à l’Afrique – Par Minsili ZANGA*

Documentaire sur le thème de la restitution du patrimoine africain détenu en Europe*

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Après avoir vu cet excellent documentaire qui met au goût du jour une question cruciale, celle du patrimoine culturel africain volé, je me suis posée un certain nombre de questions.

Qui, admirant ces œuvres exposées dans un musée, se questionne sur leurs origines, leurs trajectoires, et la façon dont elles ont été acquises?

Qui, en visitant un musée comme le quai Branly, se demande pourquoi d’un côté, on est dans une société occidentale qui a fait de « l’autre », « l’alter », de sa culture, un problème, une menace qu’il faut contenir, et pourtant, on s’enrichit sur la culture de cet « autre », surtout lorsqu’il s’agit de l’Africain ? On expose ses morts, on se bâtit une réputation sur leurs objets de culte au point d’avoir fait de la question de la restitution un tabou. Pour moi, il y a une dissonance cognitive manifeste, une flagrante incohérence entre le regard porté sur l’autre, l’immigré, et le fait de valoriser ses musées avec le patrimoine culturel volé à l’immigré.

Plus de 90% du patrimoine cultuel africain se retrouve hors d’Afrique, aux mains de musées occidentaux

Qui, en visitant un musée européen, se pose cette question : pourquoi y voit-on tant d’œuvres non-européennes, et pour celles liées à l’Afrique, on estime que 90% du patrimoine cultuel de ce continent est aujourd’hui detenu par des musées européens et collections privées.

Ce que j’ai aussi appris dans ce documentaire qui mérite un bravo pour le traitement juste du sujet : en Allemagne, plus de 6000 corps dorment toujours dans des réserves car, le vol et pillage des œuvres cultuels s’est accompagné d’un de trafic de corps. Finalement, qui etaient les « sauvages » à « civiliser », « l’autre » ou ceux qui même aujourd’hui encore, exploitent ces objets du vol, et estiment que les rendre les met en danger.

D’où cette question capitale : quand les Africains créaient ces œuvres, elles étaient en danger parce que pas de musée au sens enfermant de l’Occident ?

L’œuvre cultuel était intégrée dans une vision holistique, pas un objet qu’on exploité derrière une vitrine.

Il y aurait tellement à dire sur ce documentaire de Nora Philippe*, alors, autant le voir. Âmes sensibles à l’injustice, s’abstenir. Pour les autres, à la fin, on en ressort encore plus déterminés à voir une Afrique forte. Car ce n’est qu’ainsi qu’elle n’aura pas à réclamer ce qui lui appartient. Elle reprendra ce qui lui a été pris afin que ces manifestations de son rapport à la VIE, retrouvent leurs places. Et lorsque ces objets fièrement exposés au Louvre, Berlin etc., ont été créés, ce n’était pas pour dormir dans des musées.

Et si, la prochaine fois qu’on ira dans un musée, tout en admirant le côté esthétique, on pensera aussi à ce qui s’est passé? On pensera à ce qui se passe pour qu’on puisse jouir de ces œuvres réclamées par leurs véritables détenteurs ? ©Minsili Zanga

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