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L’avenir a la couleur de ce qu’on a construit au présent

Miss World (Toni-Ann Singh, Jamaique), Droite : Miss Universe 2019 (Zozibini Tunzi, Afrique du Sud) Milieu, de haut en bas : Cheslie Kryst, Miss Usa 2019, Nia Franklin, Miss America 2019, Clémence Botino, Miss France 2020

L’avenir ? Il aura la couleur de ce qu’on a construit au présent

Miss Univers : Africaine
Miss Monde : Afrodescendante
Miss America : Afrodescendante
Miss Usa : Afrodescendante
Miss France : Afrodescendante

L’Édito de cette semaine sera sur cette actualité qui a vu plusieurs jeunes femmes être couronnées reines de beauté. Leur point (physique) commun : elles sont toutes noires. Cet édito est inspiré par certaines réactions (certes marginales), qui m’ont interpellé d’autant plus qu’elles venaient surtout d’Africains. En un mot, tant de femmes noires couronnées, c’est louche car trop de coïncidence.

Mon opinion sur ces soupçons de «coup monté»

Penser ainsi, c’est au fond montrer inconsciemment à quel point on ne croit pas assez en soi-même, au point de trouver « louche » que ces filles aient pu être élues car belles, intelligentes et ayant séduit les votants. Croire en une sorte de complot simplement parce ces Miss sont Noires, c’est aussi mépriser le travail de tous ces comités de Miss conduits par des Noires conscientes. Ceux-là qui savent décoder la société et voir l’évolution à venir, même si la réalité peut faire croire le contraire.

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Une Zozibini Tunzi ne tombe pas du ciel

Elle est le résultat d’une éducation consciente, d’un environnement qui lui a appris à croire en elle dans sa singularité. Se lever aujourd’hui pour sous-entendre que son triomphe est une façon d’endormir les Noirs, c’est finalement dire aux yeux du monde à quel point on a intégré son statut de « celui qui subit » et dès lors, on voit avec suspicion tout ce qui vient bousculer cette croyance.

« Black Panther » (le symbolisme qui en découle) n’est pas tombé du ciel. C’est parce que des Noirs-américains ne ménagent aucun effort pour avoir leur place, leur mot à dire dans notre monde où l’image compte tant. Et s’il leur faut pour cela puiser dans une part de leur héritage africain, ils l’ont d’ailleurs fait de bien belle manière, qu’importe que l’histoire soit issue d’un Comic-Coon.

Savoir imposer sa vision

Dans ce monde, rien n’est donné, il faut se battre pour l’avoir. Et si jamais l’autre partie fait des concessions, c’est du fait d’un rapport de force, une configuration où celui qui a le pouvoir est obligé de lâcher du lest car en face, on dispose de moyens de pression. Si par exemple le naturel se refait timidement mais sûrement une place, c’est d’abord grâce à l’action de ces millions de femmes noires anonymes qui un jour, ont décidé qu’elles n’avaient pas ou plus à suivre certains diktats de beauté. Félicitations à toutes ces belles jeunes femmes noires, vibrant symbole de la diversité de la beauté d’ascendance africaine : peaux ébène, chocolat, caramel, etc. A leurs façon, elles construisent ce monde où une petite fille en se regardant verra sa propre beauté, quel que soit son physique.

« Si ma mère et mon père sont les racines et que je suis l’arbre, alors vraiment tout travail que je fais, tout ce que je peux changer dans le monde – c’est le fruit de leur travail », disait Toni-Ann Singh, Miss World 2019. Alors, une pensée à tous ces parents qui ont compris que si on veut des adultes conscients et bien dans leur image de soi, cela ne vient ni par la prière, ni par des injonctions. Cela est le résultat de l’éducation que nous donnons à nos enfants. Cela est le résultat de la façon dont au quotidien, nous les amenons à se sentir bien dans leur peau, leur identité. L’avenir ? Il aura la couleur de ce qu’on a construit au présent. Voilà pourquoi on dit que le plus important est le moment, l’instant présent. ©Minsilizanga.com

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