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Lady Ponce : pourquoi son couple divisait tant les Camerounais

Lady Ponce : pourquoi son couple divisait tant les Camerounais

La nouvelle est tombée ce samedi 21 mars. Alors que le Cameroun comme le reste du monde tourne autour du coronavirus, le couple “Poncefack” pourrait bien éclipser cette actualité, du moins en ligne sur la Toile camerounaise. Dans une vidéo de près d’une demi-heure, L’entrepreneur et producteur Youmbi Tsafack Aloys fait des révélations fracassantes sur son épouse. Il lui reproche notamment ses infidélités et d’avoir entamé une procédure de divorce à son insu. Mais, pourquoi le couple “Lady Ponce – Dieu Cyclone” divisait autant l’opinion camerounaise (du moins celle qui s’intéresse aux affaires de people)?

L’article étant long, voici un sommaire qui vous permettra d’aller directement à la section voulue. ©Dzaleu.com


SOMMAIRE

1- Le contexte socio-politique camerounais

2- Le boycott des artistes

3- Le silence d Lady Ponce face au boycott

4- Les relations entre Lady Ponce et ses consœurs du Bikutsi

5- Les propos de Youmbi Tsafack, époux de la chanteuse

Le contexte socio-politique camerounais

Octobre 2018, a eu lieu la présidentielle camerounaise avec la réélection de Paul Biya. S’en suit un contentieux électoral qui sera retransmis en direct à la télévision, une première au monde. La victoire de Biya est confirmée et acceptée par les autres candidats malheureux sauf un, Maurice Kamto. Ancien ministre de la Justice de Paul Biya pendant 7 ans, sa femme travaille pour le gouvernement. Toutefois, l’homme entre-temps est devenu opposant et crie au hold-up électoral avec son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Comme partout en Afrique, la scène politique n’échappe pas aux relents ethniques. Mais la particularité du Cameroun, ce sont ses plus de 250 ethnies et le refus de la majorité de la population de se laisser entraîner dans une ethnicisation à outrance de la scène politique.

N’empêche, depuis quatre ans, bien avant la présidence,la Toile camerounaise elle, vibre de plus en plus sur des débats où l’ethnie n’est jamais loin. Des forums comme LCCC (le Cameroun c’est le Cameroun) sont pointés du doigt, des présumés lanceurs d’alerte aussi. En face, les laudateurs du régime sont légion sur la Toile, les deux camps de désignant désormais en « sardinards » et « tontinards » en référence aux tontines de l’ouest du pays. Le MRC, parti de Maurice Kamto, est accusé par certains d’être focalisé sur le peuple Bamileké dont se serait le tour d’être au pouvoir, car détenant déjà le pouvoir économique. En face, certains activistes et même des intellectuels n’hésitent pas à indexer le peuple « Bulu » (sous-groupe de l’ethnie du président Paul Biya). Lors du contentieux électoral, Maurice Kamto choque l’opinion publique en demandant s’il faut un « concours pour être Bulu. »

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Marié depuis novembre 2018, le couple « Poncefack » comme les Camerounais les appellent, tient la une depuis bientôt 18 mois, entre ceux qui les adulent, et ceux qui manifestement ne les supportent pas. Pour le comprendre, il faut donc se replacer dans le contexte socio-politique camerounais

Lady Ponce et son mari Youmbi Tsafack Aloys dit "Dieu Cyclone"
Lady Ponce et son mari Youmbi Tsafack Aloys dit “Dieu Cyclone”

Couple mixte culturellement, Lady Ponce est du centre (ethnie du président) et son mari de l’Ouest. Autant dire que leur amour est diversement apprécié. Après la présidentielle, une mouvance nommée « BAS » (Brigade antisardinards) et proche du MRC, lance le boycott de plusieurs artistes dont de grosses têtes du Bikutsi féminin. Problème pour une partie de l’opinion camerounaise, la majorité des membres de cette BAS sont issus de l’Ouest du pays. Ces « casseurs d’ambassade » comme les a appelé une partie de l’opinion, reprochent à ces artistes d’avoir joué pour le régime de Yaoundé.

Les Camerounais découvrent avec indignation, la prise en otage de la culture et des artistes par un groupuscule. S’en suivent les événements de la diaspora, avec des heurts durant des tentatives de boycott des concerts. De là, sortiront des noms comme « Voleurs de perruques » pour désigner ceux qui n’hésitaient pas à violenter les femmes se rendant à des concerts dont ils avaient unilatéralement décrété le boycott.

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Azania (recueil de nouvelles) Minsili Zanga Mbarga - Librinova juillet 2020

Le boycott des artistes, qui frappe de plein fouet les chanteuses de Bikutsi

Le Bikutsi (du moins sa version féminine actuelle, parfois bien loin du Bikutsi des Pères fondateurs), est un melting-pot de musiques du centre-Sud du Cameroun. Pour mieux comprendre encore, au Cameroun du moins sur la scène des spectacles, l’industrie n’a pas encore atteint le niveau de professionnalisme constaté ailleurs. Problèmes de droit des auteurs, piraterie, absence de producteurs…, le contexte favorise la « débrouille » et les dérives qui vont avec.

Dans ce milieu, de nombreux artistes « tournent » auprès de la diaspora, une source de revenus pouvant rapidement devenir la principale pour des artistes ne pouvant compter que sur leurs spectacles. Du côté de la diaspora, loin des fantasmes que l’Occident peut véhiculer, beaucoup travaillent dur et n’ont que ces soirées-concerts pour combattre le mal du pays et s’évader. Des producteurs d’un genre nouveau maîtrisent le marché, passant généralement par le biais d’associations pour inviter des artistes.

Qui dit association, dit régime plus souple qu’une entreprise et donc charges moindres. Il est ainsi plus facile pour une association de ressortissants de telle région ou village, d’inviter un artiste à jouer dans telle salle communale, que de louer une salle de concerts dédié. De plus, les habitudes de consommation de la communauté camerounaise font qu’ils préfèrent encore payer 45 euros pour un concert avec repas, voire plus pour une table VIP avec photos à l’appui, une façon de se donner le beau rôle en se détendant. Toutes choses qui sont impossibles dans un concert classique. Ainsi, quand des artistes du pays annoncent des « tournées européennes », c’est rarement à la façon des tournées d’une Beyoncé, d’une Yemi Alade ou ceux qui évoluent dans un univers aux habitudes plus classiques en terme de production musicale.

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Le silence de Lady Ponce face au boycott d ses consœurs du Bikutsi

Voilà le contexte d’une certaine scène artistique camerounaise, elle est largement dépendante de la diaspora. Et dans cet univers, le « producteurs » qui maîtrisent le marché sont majoritairement Bamileké (Ouest du pays). Dans cette période trouble où la politique s’invite dans l’art, ceci explique en partie pourquoi depuis, de nombreux artistes ne pourront plus annoncer des « tournées en Europe » car, les « producteurs » (soit volontairement, soit forcés par le contexte), vont annuler ceux-ci pour se conformer au boycott. Dans un univers de réseautage et de petits arrangements, se voir menacer par exemple de voir son association dénoncée comme « producteur de fait », peut faire réfléchir n’importe qui.

Le mariage de Lady Ponce et son compatriote Tsafack Youmbi arrive dans ce contexte. La chanteuse se voit reprochée son silence sur le boycott qui touche de plein fouet ses « sœurs » du Bikutsi (en clair, comprenez « Beti »). Lorsque K-Tino, tête de proue du Bikutsi, échappe de peu à des violences à Lyon, lorsque Mani Bella réussit au forceps à faire un concert en Île-de-France, lorsque Coco Argentée se fait humilier via une vidéo d’excuses à la BAS, Lady Ponce reste silencieuse. Elle n’est pas la seule à avoir observé le silence, mais manifestement, elle est l’une de celles qui sera le plus indexée pour cela. Sans doute du fait de son statut. Dans un univers Bikutsi féminin qui sort difficilement des années de « porno-Bikutsi » comme certains l’ont appelé, Lady Ponce est l’une des plus connues et sa renommée dépasse le Cameroun.

Lady Ponce et son mari Youmbi Tsafack Aloys dit "Dieu Cyclone"
Lady Ponce et son mari Youmbi Tsafack Aloys dit “Dieu Cyclone”

Sans le dire ouvertement, une partie de sa communauté, qui dit l’avoir soutenu au début de sa carrière, comprend mal son positionnement. Lady Ponce est considérée dès lors comme « une traître. » Chacun de ses propos est scruté à la loupe, son mariage est au centre des discussions. Son mari est régulièrement accusé de nourrir sa page Facebook de plus de 500 000 fans avec des posts adulés par certains, peu goûtés par d’autres. Dans la vidéo publiée ce 21 mars, intéressé dément et affirme que c’est sa femme elle-même qui le faisait, alimentant ainsi les polémiques.

A tout ceci, s’ajoute la mésentente entre artistes féminines du Bikutsi, avec des passes d’armes entre milliers de fans.

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Les relations entre Lady Ponce et ses consœurs artistes

En 2016, a eu lieu à l’Olympia un méga concert réussissant des artistes Bikutsi, qui en son temps portera déjà les prémisses de ce qui va suivre en 2018. En effet, loin de susciter une adhésion massive, le méga concert Bikutsi de l’été 2016 à l’Olympia va se diviser entre ceux qui souhaitent son échec, et ceux qui souhaitent sa réussite. Le concert aura finalement lieu, mais pour tout observateur averti, au-delà des relents tribalistes qui ont voulu le décrédibiliser, cette première aura un effet positif en modifiant la scène des spectacles Made in Cameroon dans la diaspora. Si des artistes populaires du pays ont pu jouer à l’Olympia de paris, alors tout est possible. Après cet Olympia, d’autres artistes hors scène jazz ou world muscic camerounais presteront dans des salles mythiques de la place parisienne, comme les X-Maleya ou Charlotte Dipanda.

Lorsque Lady Ponce annonce son Olympia, loin de susciter une adhésion générale, le projet est soutenu par une partie de l’opinion, une autre souhaite manifestement qu’il échoue. Il est reproché à Lady Ponce son arrogance ou encore son rapprochement de la BAS via son mari. Vrai ou faux, le camp vent debout contre Lady Ponce n’en démord pas. Du fait de la crise du coronavirus, le concert initialement prévu le 12 avril 2020, a été reporté le 24 mai. Aura-t-il lieu ? Indépendamment de la crise sanitaire, au vu des révélations du mari de Lady Ponce et de la tournure que semble prendre leur couple, la question se pose.

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Azania (recueil de nouvelles) Minsili Zanga Mbarga - Librinova juillet 2020

Des révélations fracassantes qui jettent une ombre sur l’artiste Lady Ponce

Encore une fois, les propos dits sur la vidéo de Youmbi Tsafack n’engagent que lui et constituent sa version. Plus tard dans la matinée, l’époux de Lady Ponce a publié plusieurs copies écrans de messages privés, des preuves de ses dires selon lui. Dans la vidéo, malgré son ton calme, il n’y va pas de main morte contre sa femme :

« Quand tu as une femme calculatrice qui a déjà mis ses pions… elle a déjà trouvé son gibier qu’elle va dépecer, tout ce que tu peux faire n’arrivera nulle part ! Parce que j’ai voulu même sauver mon mariage, au vu des infidélités. Mais on est dans une situation où quelqu’un qui a déjà ses plans… moi je deviens comme une vieille chaussette », écrit-il.

« Je veux juste dire que dans la vie on rit avec des gens. On exploite des gens. On trompe des gens mais ma grande tu as joué le tiercé et tu as choisi le mauvais cheval. Moi, on ne m’utilise pas. C’est vrai que pendant 18 mois, j’ai investi de l’argent dans cette relation, je ne me’n plains pas. Mais je veux juste te dire que tu es méchante ! Tu es une personne méchante ! parce qu’on ne fait pas ça à quelqu’un ! … C’est de la méchanceté, c’est de la sorcellerie ! »

Dieu Cyclone conclue : « Officiellement, je ne suis plus avec cette dame. Qu’elle continue son désordre, moi, je m’en lave les mains. Qu’elle continue avec sa sorcellerie parce que ce que j’ai vécu, c’est de la sorcellerie. »

Affaire à suivre…©Dzaleu.com


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