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John Nkengasong, directeur du CDC africain, nommé ambassadeur d’une agence de santé américaine par Joe Biden

John Nkengasong, directeur du CDC africain, nommé ambassadeur d’une agence de santé américaine par Joe Biden

Quand les Etats-Unis nomment un Africain ouvertement pro-vaccin ambassadeur itinérant d’une grosse agence de santé à compétence internationale

Né en 1959 à Douala au Cameroun, John Nkengasong est virologue et directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies depuis 2016. Cet ancien de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et qui a longtemps travaillé pour les CDC américains, est donc le « Monsieur endémies » de l’Union africaine. Son cursus universitaire débuté à Yaoundé (capitale politique du Cameroun), l’a conduit à Anvers en Belgique, puis à Harvard aux Etats-Unis.

Le chef du CDC africain se retrouve depuis lundi 27 septembre 2021, à la tête du PEPFAR, une agence de santé publique dépendant du département d’État américain, et dotée d’un budget de 7 milliards de dollars.

Toutefois, la nomination de John Nkengasong doit encore être confirmée par le Sénat américain. L’homme sera alors le premier Africain (comme les médias n’ont pas manqué de le mettre en avant), à occuper un tel poste. D’ailleurs, le communiqué de la Maison-Blanche est le premier à souligner ce point : « Dr Nkengasong sera la première personne d’origine africaine à occuper ce poste. »

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Concrètement, John Nkengasong va coordonner les activités du gouvernement des États-Unis dans la lutte contre le VIH/SIDA au niveau mondial

Le President’s Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR) a été créé en 2003 sous la présidence de George W. Bush. Ce programme gouvernemental américain est actif dans 50 pays dans le monde.

Pour Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA, « La vaste expérience de John Nkengasong dans la lutte contre le VIH, combinée à sa position d’expert indiscuté en Afrique de la lutte contre le virus Ebola, le COVID-19 et bien d’autres encore, lui donne de bonnes cartes pour guider la contribution mondiale des États-Unis en vue de mettre fin à la pandémie du Sida.»

« Nous avons besoin des idées audacieuses et de l’engagement dont il a fait preuve tout au long de sa carrière », ajoute-t-elle dans le communiqué d’Onusida suivant la nomination de John Nkengasong.

Un haut responsable africain, en charge de la politique africaine de vaccination, va travailler pour le compte des Etats-Unis, pays pro-vaccin

John Nkengasong devra quitter son poste au sein de l’Union africaine, mais cela ne met pas automatiquement fin aux possibles conflits d’intérêt d’autant plus que son continent – du moins les populations, sont à des années-lumière des déclarations et objectifs de ceux qui dirigent les organisations africaines.

Parlant de vaccination contre le Covid-19, l’Afrique, continent le moins touché et où de nombreux pays soignent, a moins de 4% de taux de vaccination. Or, Etats-Unis et UE ne ménagent pas leurs sorties médiatiques pour dépeindre cette situation comme « une injustice » et appeler à vacciner encore plus l’Afrique.

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John Nkengasong, un pro-vaccin convaincu

Dans un tweet du 23 septembre, John Nkengasong appelait à « une couverture vaccinale équitable en Afrique ». Celui-ci renvoyait à un article qui nous apprenait que « Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et la Mission des États-Unis auprès de l’Union africaine (USAU) ont appelé les partenaires et les gouvernements à faire plus pour mettre fin à l’iniquité vaccinale. »

C’était au cours de la rencontre organisée le 22 septembre 2021 entre Joe Biden et des partenaires de l’UA, en marge du sommet de l’ONU à New York. Le thème de la rencontre : « Sauver des vies, préserver les moyens de subsistance : atteindre une couverture vaccinale de haut niveau et équitable au COVID-19 dans les États membres de l’Union africaine (UA). »

Le directeur du CDC africain et nouvel ambassadeur est en accord avec ce discours qui est actuellement tenu par ceux qui veulent vacciner l’Afrique contre un coronavirus qui l’affecte peu. Comme eux, il pense que : « Une grande partie de la population africaine est laissée pour compte, alors même que d’autres régions du monde commencent à se remettre de cette pandémie mortelle », et que « Les profondes inégalités dans la distribution des vaccins sont également liées aux impacts socio-économiques dévastateurs du COVID-19. »

Or en Afrique, les populations – comme le prouve le faible taux de vaccination, nourrissent une grande défiance au vaccin

Le 27 septembre au Nigeria, à l’appel d’associations de la vie civile et étudiante, une manifestation pour dire non à la vaccination obligatoire a eu lieu à Edo State. En effet, dans une rupture de plus en plus visible entre élites pro-vaccins et populations, ces autorités et élites qui misent tout sur la vaccination, n’hésitent pas à faire du zèle.

Cas du gouverneur d’Edo, Etat du Sud-Ouest du Nigeria, qui a imposé la présentation d’un carnet de vaccination à l’entrée de tous les sites gouvernementaux. Or, une cour fédérale l’avait retoqué fin août. Mais, le gouverneur Godwin Obaseki est passé outre cette décision.

Du côté des présidents africains, si certains préfèrent inciter aux solutions endogènes sans toutefois dire non au vaccin (Paul Biya, Cameroun), d’autres font l’apologie de la vaccination comme Cyril Ramaphosa en Afrique du Sud, ou Etienne Tshisekedi (RDC), par ailleurs président en exercice de l’Union africaine. D’autres, comme John Magufuli (Tanzanie) et Pierre Nkurunziza (Burundi), ont mystérieusement perdu la vie dans des circonstances mystérieuses en 2020 et 2021. ©Dzaleu.com – P.K. Et M.M.

Manifestation de populations à Edo State (Nigeria)
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