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Dons de vaccins à l’Afrique : des lots retirés en France mais envoyés sur le continent ?

Dons de vaccins à l’Afrique : des lots retirés en France mais envoyés sur le continent ?

On en parlait déjà ici, la France via l’initiative Covax promettait dix millions de doses à l’Afrique. En effet, comme nombre de ses pairs européens, Paris s’inquiète du faible taux de vaccination sur le continent, 2%. L’Allemagne par exemple a promis fin août de passer son aide au programme Covax de 30 à 70 millions.

Alors qu’en Occident une partie de la population manifeste depuis plusieurs semaines contre le passeport sanitaire et son corollaire (vaccination obligatoire), l’Europe ne ménage pas ses efforts pour pousser au vaccin sur le continent le moins affecté par le Covid-19. Un continent à qui, OMS en tête, on promettait l’hécatombe en 2020. Pourtant, il s’est révélé être l’un de ceux qui aura le mieux géré la crise Covid.

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En Afrique, les populations sont majoritairement sceptiques face au vaccin

Une méfiance qui puise souvent dans les scandales qu’aura connu le continent dans ce domaine. Et surtout dans un bon sens qui les amène à privilégier les solutions endogènes. La défiance de ces populations contre le vaccin agace, poussant certains dirigeants à parler de « passeport vaccinal » comme Cyril Ramaphosa en Afrique du Sud.

Ou de volonté de passer en force comme Godwin Obaseki, gouverneur de l’Etat d’Edo au Nigéria. Ce dernier avait décrété l’interdiction d’entrer dans certains lieux publics (marchés, banques, mosquées, églises) sauf présentation d’une preuve de vaccination. Colère des populations et action juridique intentée par un citoyen ont été nécessaires pour qu’une cour fédérale suspende la décision.

Indifférente à ce choix d’une population africaine qui estime avoir d’autres enjeux et préoccupations que suivre les restrictions sociales liées au Covid-19, l’Europe persiste pour l’aider à se faire vacciner. Et elle l’annonce souvent de façon ostentatoire, exemple avec les doses supplémentaires promises par Paris.

Quels vaccins la France envisage-t-elle envoyer en Afrique dans son lot de dix millions de doses annoncées fin août?

D’après un article très documenté publié sur le site de l’AIMSIB*, il s’agit de doses Astrazeneca. Or ce vaccin a été retiré en France pour les – de 55 ans.

Fin août, le ministre des Affaires étrangères repris par Gavi.org*, déclarait : « Le partage des doses n’est pas seulement l’expression de la solidarité : c’est une condition essentielle pour assurer un accès équitable et universel à des vaccins de qualité contre la COVID-19. Ce nouveau partenariat avec l’Union africaine et Gavi/COVAX va permettre à la France de donner 10 millions de doses de vaccins Astra Zeneca et Pfizer aux pays africains. Il incarne la volonté de la France d’être aux côtés des populations africaines pour lutter avec elles contre la pandémie. »

Ce sont des doses d’Astrazeneca inutilisées qui sont destinées au continent africain où pourtant la majorité de la population est jeune, selon le Dr Eric Ménat, membre de l’AIMSIB et du CSI* :

« Imaginez ma surprise fin août, alors que la HAS a expliqué que les vaccins Astra n’étaient pas suffisamment efficaces et que la DGS ne permet plus aux médecins français de les utiliser depuis fin juillet, de découvrir que ‘généreusement’, la France allait envoyer ces doses de vaccins inutilisés et inutilisables chez nous aux pays africains« , écrit-il.

Le Dr Ménat est arrivé à ce constat en se renseignant sur le cas des soignants vaccinés avec Astrazeneca ou Janssen. Ils se retrouvent dans une configuration où leur primo vaccination n’est pas reconnue.

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Voici un résumé de l’article :

« – La HAS informe les médecins que les vaccins AstraZeneca et Janssen ont une efficacité limitée face aux nouveaux variants et en particulier le delta.

– De fait, la DGS retire la possibilité aux Français d’utiliser ces deux vaccins à l’avenir, qui ne sont plus accessibles à la commande.

– Les soignants vaccinés avec ces deux vaccins représentent donc un danger pour eux-mêmes et pour les autres, supérieur aux soignants non vaccinés.

– Pour que la logique de la loi soit respectée il parait donc nécessaire que tous les soignants ainsi vaccinés soient immédiatement interdits d’exercer.

– La France, après avoir retiré le droit d’utilisation du vaccin AstraZeneca auprès de sa population de moins de 55 ans, en interdit ce jour complètement l’usage sur son sol et se débarrasse de ses lots inutilisés en les transférant à l’Afrique, dont les populations se comptent pourtant très majoritairement parmi les moins de 55 ans. »

Les propos du Dr Ménat traduisent le malaise issu de cette « solidarité » ne rencontrant que peu d’adhésion populaire sur place. Surtout, s’y dessinent en filigrane des pratiques que la jeunesse africaine consciente supporte de moins en moins.

« Comment qualifier cette honteuse et fausse générosité envers les pays africains ? Ces vaccins ne sont pas bons pour nous, mais ils le seraient suffisamment pour ‘eux' » ?

Des questions qui trouveront sans doute écho sur le continent, le premier à ne pas comprendre cette extrême sollicitude de l’Occident quand par ailleurs, lutte contre l’immigration oblige, elle est fréquemment invitée à rester chez elle. Ce qui en réalité est déjà le cas, l’immigration intra-africaine étant majoritaire.

Humanisme ou hypocrisie marketing

C’est la question que se pose le Dr Menat.

« Je trouve que c’est tout à fait honteux pour la France, pays des Droits de l’Homme, de s’enorgueillir d’envoyer des vaccins dans des pays qui n’ont pas les moyens de les acheter alors qu’elle-même ne les recommande pas pour ces concitoyens.

N’y aurait-il pas ici un relent nauséabond de colonialisme méprisant ? De suffisance des pays industrialisés envers des pays dits ‘en voie de développement’ qui, pourtant, ont bien mieux géré la crise sanitaire que nous jusqu’à présent. C’est même pire que ça, car envoyer ce vaccin peu efficace à ces populations statistiquement bien plus jeunes que nous, c’est leur offrir un cadeau doublement empoisonné et leur proposer un ‘médicament’ dont le rapport bénéfice-risque est plus que douteux.

En effet, je rappelle que le vaccin Astra était contre-indiqué en France avant 55 ans à cause de sa mauvaise tolérance.
En tout cas, tout cela ne fait pas honneur à notre pays. Il est bien loin le temps des ‘Lumières’ où la France rayonnait par son exemple et son humanisme.
A bon entendeur !« 
Dr Eric MENAT – Septembre 2021

Sources : AIMSIB.org
Gavi.org

*AIMSIB : Association pour une médecine scientifique indépendante et bienveillante
CSI : Conseil scientifique indépendant

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Les effets secondaires du vaccin contre le Covid-19

En Afrique comme en Occident, on remarque peu de sensibilisation officielle sur les effets secondaires des vaccins Covid-19. Voici en vidéo les données du VAERS, organisme officiel chargé de les recenser aux Etats-Unis. D’après ces chiffres, plus de 17 000 personnes sont décédées des suites du vaccin Covid-19 aux Etats-Unis.

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