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Cameroun : décès de l’homme politique et panafricaniste Hubert Kamgang

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Cameroun : décès de l’homme politique et panafricaniste Hubert Kamgang

Le fondateur et président de l’Union des populations africaines (UPA) s’est éteint mercredi 30 septembre à Yaoundé. Panafricaniste engagé, il avait fait de la lutte contre le Franc CFA un de ses principaux combats. Pour lui, pas d’indépendance réelle sans souveraineté monétaire.  

Hubert Kamgang militait pour les États-Unis d’Afrique. Ingénieur statisticien économiste, il était aussi écrivain. Parmi ses ouvrages : “Le Cameroun au XXIe siècle: quitter la CEMAC, puis œuvrer pour une monnaie unique dans le cadre des États-Unis d’Afrique” (Éditions Renaissance africaine, 2000)  


Originaire de l’Ouest Cameroun, Hubert Kamgang fut candidat à la présidentielle camerounaise en 1996, 2004 et 2011. Jeudi 24 septembre, il publiait sur sa page Facebook un texte qui fait aujourd’hui figure de testament politique. ©Dzaleu.com – M.Z.  

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Pour la révolution panafricaniste  – Hubert KAMGANG

La révolution panafricaniste mise en œuvre par l’union des populations africaines est à deux étages.  

Le premier étage consiste à reprendre et à parachever la lutte de libération du Cameroun du néocolonialisme, à solder définitivement le compte du colonialisme, ceci passant par la libération de l’autre Bakassi – le Bakassi monétaire et économique – en sortant du Franc CFA. C’est ce que nous appelons « deuxième lutte d’indépendance ». Ce Cameroun libéré doit être gouverné, géré, au mieux des intérêts des populations ; une fois que nous aurons pris le pouvoir, nous instaurerons la république transitoire du Kamerun (r. t. k.)  

Le deuxième étage consiste à faire de la république transitoire du Kamerun, un des fers de lance de la création des États-Unis d’Afrique. C’est dans le cadre de sa diplomatie que la république transitoire du Kamerun va négocier avec d’autres états africains la constitution du noyau dur des États-Unis d’Afrique, noyau dur autour duquel les autres états africains viendront adhérer au cours des décennies, voire des siècles à venir.  

L’UPA et la conquête du pouvoir  

Article 25 de la constitution : « l’initiative des lois appartient concurremment au président de la république et aux membres du parlement ». L’article 26 poursuit : « (1) la loi est votée par le parlement ». En d’autres termes, contrôler le parlement confère plus de pouvoir que celui que détient le président de la république, étant donné qu’après avoir initié et voté les lois, le parlement en contrôle l’exécution. Le parlement peut ainsi en imposer au président de la république.  

Il faut se tenir prêt pour briguer des mandats électoraux. En vue du contrôle, à terme, du parlement, l’union des populations africaines (upa – parti de l’avant-garde panafricaniste) jette son dévolu sur l’assemblée nationale et les conseils municipaux. C’est que les conseillers municipaux élisent les conseillers régionaux et, ensemble, ils élisent les sénateurs. Ainsi, qui veut contrôler le sénat (du moins les 70 % des membres qui sont élus), doit contrôler plus de la moitié des conseillers municipaux de chaque région.  

C’est bien de lutter pour un processus électoral transparent et équitable, mais c’est encore mieux de convaincre les électrices et les électeurs de se mobiliser pour se faire inscrire en masse sur les listes électorales, voter et s’assurer par tous les moyens – nous insistons sur « par tous les moyens » – que leurs votes sont bien comptés et que les résultats ne sont pas faussés.

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La façon la plus efficace de convaincre les électrices et les électeurs de se mobiliser consiste à faire campagne sur leurs intérêts vitaux, car « pas d’intérêt, pas d’action.»  

L’UPA a choisi de faire campagne sur les intérêts financiers des électrices et des électeurs. C’est le sens de sa lutte contre la répression monétaire dont la rareté de la petite monnaie n’est que la partie visible par les non-initiés. Dans les semaines et les mois à venir, l’UPA va convaincre les électrices et les électeurs de se mobiliser pour lui donner le contrôle des deux chambres du parlement afin qu’elle initie, vote et impose au président de la république – à l’exécutif donc – l’exécution de lois allant dans le sens de leurs intérêts financiers, c’est-à-dire de la possibilité pour elles et eux de gagner des revenus leur permettant de vivre décemment. Une politique économique allant dans ce sens est possible, et l’UPA a fait de cette politique son principal cheval de bataille.  

Les jeunes, les femmes et les handicapés se plaignent souvent d’être écartés des postes de responsabilité et des positions sur les listes électorales où ils peuvent être élus. Voici donc leur parti! L’UPA leur offre la possibilité de faire de la politique au sens noble du terme. Qu’ils se préparent à devenir les élus de l’UPA.  

La différence entre l’UPA et les autres partis, c’est qu’elle a un projet de société dont la mise en œuvre s’étalera sur des décennies, voire des siècles, et impliquera plusieurs générations successives, sans justement conflits de générations. de plus, l’UPA n’est pas fondée sur un prétendu charisme d’une personne comme c’est le cas la plupart du temps, mais sur des idées qui ont le mérite de résister à l’épreuve du temps.  

Il est souhaitable que d’autres unions des populations africaines naissent dans d’autres états africains, afin que dès la création du noyau dur des États-Unis d’Afrique, leur fusion se fasse aisément.
– Hubert KAMGANG

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