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Blanchiment : un projet de loi pour le rendre plus cher au Cameroun

Vitamines et capsules

Blanchiment de la peau au Cameroun : un projet de loi vise à augmenter les droits pour les importateurs et accessoirement réduire leur consommation. C’est ce qui ressort d’un reportage de la Cameroon Radio Television, la chaîne d’information nationale

Selon le reportage-vidéo consultable en fin d’article*, le gouvernement camerounais envisage de voter une loi instituant des droits d’assise sur les produits cosmétiques à base d’hydroquinone ou ses dérivés. De ce fait, il coûterait 50% plus cher de se procurer un lait de toilette à base d’hydroquinone*. Une simulation faite pour un lait coûtant 100.000 Francs CFA (environ 150 €) fait monter celui-ci à 150.000 Francs CFA (environ 230 €) si la loi est votée.

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Une initiative de santé publique, mais qui vise d’abord à élargir l’assiette fiscale

Pour le gouvernement camerounais, la mesure a un double objectif. D’une part, réduire la consommation de produits à base d’hydroquinone en les rendant prohibitifs pour le consommateur. D’autre part, élargir l’assiette fiscale.

En ce qui concerne les importateurs de produits blanchissants, outre les droits de douane, ils devront donc s’acquitter de droits d’assise. Selon une simulation du reportage, un importateur qui auparavant payait 40.000 Francs CFA de droits de douane pour 100.000 Francs CFA de produits (soit 140.000 Francs CFA), se verra rajouter des droits d’assise de 50% de ce montant, soit 70.000 Francs CFA. Au total, l’importateur dépenserait en droits 110.000 Francs CFA au lieu de 40.000 précédemment.

Ainsi, si la question de la santé publique est bien présente, l’initiative a un volet économique : élargir l’assiette fiscale en taxant plus chèrement les produits eclaircissants. Cet aspect n’a pas manqué d’être évoqué par ceux qui jugent la future mesure tiède. Si le but est de lutter contre le blanchiment de la peau, l’interdiction des produits cosmétiques décapants serait plus efficace, selon eux. Ils soulignent aussi que sans une réelle sensibilisation, le blanchiment de la peau a encore de beaux jours au Cameroun.

Azania (recueil de nouvelles), Minsili Zanga

Le blanchiment de peau, une affaire d’argent

Se blanchir la peau, un phénomène qui chaque année gagne de l’ampleur sur le continent africain et n’épargne aucun pays. D’Abidjan à Kigali, Lomé, Accra et toute l’Afrique subsaharienne, aucun pays ne semble échapper à la pratique du blanchiment de peau. Et ici, tous les moyens sont bons, des injections venus de l’étranger aux laits vendus sur les étals de marché et parfumeries, aux compositions à l’origine douteuse vendus via Whatsapp ou réseaux sociaux.

Avec les nouveaux canaux de communication, de nouvelles filières d’écoulement de ces produits ont vu le jour. A côté des importateurs officiels ou officieux, des nouvelles stars du Web, influenceurs transformés en chimistes, proposent ouvertement la vente de produits blanchissants sur leurs pages sociales.

Malgré leur coût prohibitif, les cheveux artificiels ont le vent en poupe, en sera-t-il de même des produits éclaircissants

Le constat s’impose au vu de la réalité, aujourd’hui comme hier, l’insécurité des uns est un business lucratif, de nombreux Africains ont fait du blanchiment de la peau, une source de revenus et un critère de différenciation sociale. Dans ce contexte, on peut légitimement s’interroger sur une mesure axé essentiellement sur le facteur coût. En effet, il suffit de regarder un autre secteur, celui des cheveux artificiels.

Six milliards de dollars, c’est ce que les Africaines dépensent en faux cheveux (tissages, extensions, perruques). Les 3 pays arrivent en tête, le Nigeria, L’Afrique du Sud et le Cameroun. Le coût des cheveux artificiels (appelés brésiliennes) n’empêche pas leur surconsommation. Rien ne prouve qu’il en ira autrement des produits blanchissants. ©Dzaleu.com

*Hydroquinone : substance dangereuse interdite en Europe (sauf prescriptions médicales très contrôlées en dermatologie), celle-ci se retrouve toujours dans de nombreux produits cosmétiques de consommation grand public à destination de l’Afrique ou produits sur place.

*Voir la vidéo de la Crtv

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