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Bimbia (Cameroun), port négrier méconnu au cœur de l’Afrique centrale

Bimbia (Cameroun), port négrier méconnu au cœur de l’Afrique centrale

Peu de personnes le savent, en commençant par les Camerounais : plus de 10% des dizaines de millions d’Africains déportés pendant la déshumanisante traite négrière, venaient du port de Bimbia, dans le Sud-ouest du Cameroun.

Car, lorsqu’on parle de ports négriers en Afrique, ces « portes du voyage sans retour », on pense à Gorée (Sénégal), Ouidah (Bénin) ou au Ghana. Pourtant, beaucoup plus d’Africains sont partis de Bimbia au cœur de l’Afrique centrale, que des côtes ouest-africaines. Pourquoi un tel oubli ?

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Comme dit en introduction, lorsqu’on parle de traite des Noirs, cet inhumain commerce qui a duré 400 ans et a permis à l’Occident de se constituer un capital et de financer sa révolution industrielle, l’Afrique centrale ou plus globalement l’Afrique équatoriale, est rarement évoquée. Pourtant, aujourd’hui, de plus en plus d’éléments interrogent les thèses officielles.

Avant d’aller plus loin, une vidéo de géopolitique, occasion aussi de voir la situation géographique du Cameroun,
carrefour de plusieurs peuples

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Quelques questions :

Le Cameroun, appelé « Afrique en miniature » est situé au cœur de l’Afrique centrale. Ce pays est au carrefour d’une incroyable diversité de peuples, pourquoi ?

Qu’est-ce qui explique qu’une proportion aussi importante de tests ADN de célébrités afro-américaines par exemple, renvoient à cette région? Et pas que elles.

Le Pr Omotunde (Guadeloupe) en séjour au Cameroun pour y recevoir un prix (Panafrican awards de l’association African Revival), révèle que son test ADN situe ses origines dans ce pays.

Il confie aussi que sur 40 personnes qui ont fait le test en même temps que lui, 15 ont appris dans leurs résultats avoir des origines camerounaises.

Les Panafrican Awards première édition à Douala au Cameroun

Parlant de l’origine camerounaise de nombreux afrodescendants

C’est aussi le cas de nombreuses célébrités Afro américaines comme le rappeur et acteur originaire de Chicago, Common. Oprah Winfrey (Libéria-Cameroun-Zambie), Chris Rock (Cameroun), Don Cheadle (Cameroun), Eryka Badu (Cameroun), Blair Underwood (Cameroun), Quincy Jones (Cameroun), la championne de tennis Serena Williams ou le réalisateur et producteur Spike Lee pour ne citer que ceux-là, ont des origines camerounaises.

Bimbia, l’oubliée…

Pourquoi tant de peuples ont convergé vers ce qu’on appelle aujourd’hui, le « Cameroun » ?

A ce jour, on y recense plus de 250 peuples pour un pays de 27 millions d’habitants.

La côte ouest-africaine était-elle l’épicentre de cette déshumanisation autorisée moralement par l’église catholique, pour qui les Africains n’avaient pas d’âme ?

« En 1987, le port de Bimbia sort définitivement des oubliettes de l’histoire et est classé au patrimoine national du Cameroun. Sous le programme de l’association américaine Ancestry Reconnection program lancé en 2010 et financé par le gouvernement américain, de nombreux afro-américains ont pu retrouver leurs origines africaines jusqu’à Bimbia », écrit le site camerounais Auletch.com.

En effet, c’est en grande partie grâce au travail de recherche d’une Afro-américaine, Lisa Marie Aubrey, que Bimbia sort peu à peu de l’oubli. En 2010, elle participe avec d’autres compatriotes à un voyage de reconnexion, avec l’aide de l’association ARK Jammers. Celle-ci, constituée de Camerounais et Afrodescendants, accompagnent de nombreux Afro-américains à renouer avec leurs origines après leur test ADN.

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Plus de 10% des déportés Africains sont partis du port négrier oublié de Bimbia (Cameroun)

Lisa Marie Aubrey fera un autre séjour au Cameroun en 2011. Ses nombreuses questions restant sans réponse, la politologue et enseignante entame des recherches bénévoles. Aidée d’un groupe d’étudiants, elle découvre que le nombre d’Africains partis de Bimbia, est largement supérieur à ceux partis par exemple de Gorée ou Ouidah au Bénin.

« Nos recherches nous ont montré que plus de 200 navires ont quitté le Cameroun. Bimbia n’est pas le seul port d’embarcation des esclaves que nous avons trouvé dans le pays. De milliers de femmes, hommes et enfants sont partis de ce port vers la Jamaïque, les Etats Unis, le Brésil », déclarera-t-elle suite à un autre séjour en 2016, dans cet article du site Lemonde.fr sur Bimbia.

Une inscription au patrimoine mondial qui peine à aboutir

Qui a intérêt à ce que l’histoire de Bimbia reste peu connue?

La question est légitime, au vu des difficultés que rencontre le Cameroun pour faire connaître l’histoire de Bimbia. Vulgariser celle-ci, c’est prendre le risque de revoir un large pan de ce qu’on sait officiellement sur la traite des Noirs.

En 2017, le Cameroun essaye de faire inscrire le site au patrimoine mondial de l’Unesco comme Gorée, en vain. Cette année, le Cameroun a renouvelé sa demande. Fin Avril 2021, une équipe de l’Unesco a ainsi séjourné à Bimbia, comme le rapportait le quotidien national à l’époque :

« Une délégation d’experts de l’UNESCO est à pied-d’œuvre dans la localité de Bimbia, dans la région du Sud-Ouest. Cette équipe pluridisciplinaire va, à travers ses travaux, ses recherches, faire ressortir les composantes du site qui vont, indique la CRTV-Télé, ‘porter la valeur universelle du site qui permettra que le dossier soit déposé à l’UNESCO et peut-être qu’un jour, qu’il soit classé.' »©Dzaleu.com

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