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“Afrique : Diagnostic d’un revenant”

“Afrique : Diagnostic d’un revenant” – Un livre sur l’importance du lien avec ses Ancêtres

Comment suis-je arrivée à ce livre, je ne sais plus. D’ailleurs, quelle importance ? Il a le mérite d’aborder en écrits une thématique sur laquelle ceux qui s’y intéressent vous citeront plus facilement X auteurs occidentaux, qu’Africains. Pourquoi ?

Plusieurs explications sans doute, dont celle-ci : les Africains écrivent peu sur la spiritualité, sur leur spiritualité. Je n’ai pas dit religion. Cette dernière est plus que largement commentée et écrite. Mais en ce qui concerne la spiritualité africaine, hormis les adeptes de l’Égypte antique, peu d’ouvrages en parlent. Est-ce lié à cette aura sulfureuse qui entoure encore le domaine ? Aura dont la genèse vient du regard que le colon posa sur tout ce qui concernait les pratiques spirituelles africaines : sorcellerie au sens négatif.

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Un regard biaisé sur la spiritualité africaine ?

Même si peu d’Africains contemporains l’avoueront, le regard de la majorité sur leur spiritualité est grandement influencé par ce qu’ils considèrent aujourd’hui comme leurs religions. Il suffit de discuter avec eux pour s’en rendre rapidement compte, et ce regard transcende les niveaux socio-professionnels. Souvent, les plus virulents se retrouveront même dans ce qu’on considère comme catégories supérieures ou pour faire simple, ceux ayant un bagage scolaire bien fourni. Autant ils n’éprouvent aucune difficulté à accepter qu’on puisse adorer des saints occidentaux ou prier sur des reliques occidentales (car chrétiennes par exemple), autant, toute allusion au respect des Ancêtres africains les dotent subitement d’un sens critique qu’ils n’ont pas parlant de leurs religions importées. Ils vous assèneront alors une série d’arguments sensés justifier à quel point il est vain d’accorder une place de choix aux Ancêtres africains car comment distinguer les bons des mauvais ?

Demandez-leur ce qui permet de distinguer les ancêtres chrétiens sinon la sanctification, qui est un processus humain décidé et mis en place par les descendants de ceux aujourd’hui considérés comme saints? Vous risquez très vite de vous retrouver dans une discussion où le plus obtus envers ses propres Ancêtres est l’Africain en face de vous. Difficile dès lors de continuer sur le thème du monde énergétique et de la nécessité de soigner le lien avec sa ligné multidimensionnelle d’abord donc ses Ancêtres.

Le livre d’Agamaka Baza-Mata a le mérite d’y apporter une réponse. Non seulement au Comment, mais surtout au Pourquoi. Comment et pourquoi soigner le lien avec ses Ancêtres ? Pourquoi est-il si important de se reconnecter avec ses Aïeuls ? Y répondre passe nécessairement par une question toute aussi importante pour nous contemporains : pourquoi l’Afrique patauge dans une sorte de fatalité?

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Pourquoi l’Afrique patauge dans une sorte de fatalité?

Le livre y répond sous l’angle de la spiritualité. Mais de quoi parle-t-il, sans en dévoiler tout le contenu ?

Diagnostic d’un revenant, c’est l’histoire de Libanza, un Africain déporté de la traite négrière. Après les atrocités de son statut, il quitte son corps physique mais se retrouve dans un nouvel esclavage cette fois spirituelle (son âme errante prise en otage par un vieil homme du fait qu’il a répondu à son prénom d’esclave). Pour le vieil homme, tant qu’une personne de sa lignée africaine ne l’appellera pas par son authentique prénom, il devra rester à ses côtés.

Libanza (son âme) revenu en Afrique, va se révéler un jour à un de ses lointains descendants de 16 ans (le narrateur) qui porte son nom. Commence alors un profond enseignement où l’Aïeul explique à l’adolescent certaines vérités. Parmi celles-ci, la place de chacun dans la lignée (Ancêtres, vivants), l’absence d’un travail de mémoire.

La nécessité de repenser son identité

Parlant de la mondialisation, l’auteur congolais déclarait il y a quelques années sur la chaîne de télévision Telesud :

L’africain n’a pas de priorités.
Les priorités des autres sont les priorités des Africain.
L’Africain ne parle que par rapport à l’écho qu’il reçoit de l’extérieur.
Quand le monde parle de climat, l’Africain parle de climat…
Où est l’identité africaine ?

Aujourd’hui, dix ans plus tard, son propos est toujours d’actualité.

Pour l’auteur Agamaka Baza-Mata, que l’Afrique sache que dans la vie de tous les jours chacun est maître de son destin. Le jour où l’Afrique va prendre conscience qu’elle est responsables de ce qui lui arrive, c’est ce jour qu’elle va prendre conscience de la nécessité de sortir de cette situation. Selon lui, cela passe par arrêter de répéter ce que l’Autre a façonné pour l’Africain, et surtout, de repenser son identité. ©Dzaleu.com – M.Z.

Source article :
©Minsilizanga.com

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