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Sahel : L’ultimatum de Macron aux chefs d’Etat africains passe mal

Mali : Une manifestation contre la présence française (opération Barkhane)
Sahel : L’ultimatum de Macron aux chefs d’Etat africains passe mal. Cinq d’entre eux ont été publiquement indexés par le président français suite à la situation au Sahel et ce qui est considéré comme un rejet de la présence française

Suite à la collision entre deux appareils français au Mali, accident qui a fait 13 morts, la question de la présence de la France au Sahel et de son intérêt s’est de nouveau invitée dans le débat.

Entrée au Mali en 2013, deux ans après la chute de Khadafi, la France via l’opération Serval visait à sécuriser le Sahel. Six ans plus tard, Serval a été remplacé par Barkhane, le Mali est divisé en deux, et la sécurité dans les pays du Sahel n’a jamais autant inquiété l’Onu. Fin novembre, l’organisme onusien évoquait plus de 1500 civils tués au Burkina-Faso et au Mali. Sur le terrain, l’opinion publique, notamment les jeunes, interroge de plus en plus le bien-fondé de la présence française.

Macron demande aux présidents africains de se positionner

Mercredi 4 décembre, Emmanuel Macron a indéxé les présidents des cinq pays du Sahel. C’était à l’issue d’une conférence de presse en marge du sommet de l’Otan près de Londres.

« J’attends d’eux qu’ils clarifient et formalisent leurs demandes à l’égard de la France et de la communauté internationale. Souhaitent-ils notre présence et ont-ils besoin de nous? Je veux des réponses claires et assumées sur ces questions », a notamment déclaré le président français.

Macron convoque les présidents du Sahel en France

Les présidents de Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad sont conqoués le 16 décembre prochain à Pau par Macron. Pour lui, cette clarification exigée doit permettre de lever les ambiguités sur le sentiment « anti-français » en Afrique. Surtout, de leurs réponses dépendra ou non le maintien de la présence française au Sahel.

« Je ne peux ni ne veux avoir des soldats français sur quelque sol du Sahel que ce soit à l’heure même que l’ambiguïté persiste à l’égard de mouvements anti-français, parfois portée par des responsables politiques », a déclaré le président français, justifiant ainsi le fait d’avoir convoqué 5 présidents africains.

Opération Barkhane armée française au Sahel (Mali)
Opération Barkhane armée française au Sahel (Mali)
Une sortie diversement appréciée

Au des réactions en Afrique francophone et auè-delà, le moins qu’on puisse dire est que l’initiative de Macron passe mal auprès de l’opinion. Même si le président français parle d’une « invitation », le ton de son message et la raison, sont considérés comme « une convocation » de leaders de pays souverains.

Cinq présidents africains sommés de s’expliquer et de se déplacer pour cela en France pour une majoritré de l’opinion n’est pas de nature justement à mettre fin au sentiment « anti-français » évoqué par Macron.

Reste maintenant à voir comment les présidents indexés réagiront face à cette initiative du président français. Pour leur jeunesse, la question est simple : doivent-ils rendre compte à Paris, ou à leurs compatriotes.

De la question du Franc CFA aux rapports entre Paris et l’Afrique, le malaise est de plus en plus palpable. Pour les observateurs, il va au-delà de la seule présence militaire française en Afrique francophone.©Dzaleu.com
Photo @toumagro.org

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